Pourquoi ces prix ?

Beaucoup de personnes sont surprises de voir que malgré l’évitement des intermédiaires et la proximité des producteurs, les prix ne sont pas moins chers sur la Ruche qu’au marché ou en grande distribution, même souvent plus chers. Pourquoi ?

- Plus cher qu’au marché car :

1/ il y a un service supplémentaire que le marché n’offre pas, celui de commander vos produits bien au chaud chez vous quand vous voulez, et de les retirer relativement rapidement un soir en semaine. C’est donc souvent plus rapide que le marché et cela est aussi un service bien utile à ceux qui ne peuvent pas se rendre au marché et complémentaire pour se fournir en bons produits aussi pendant la semaine. Cette plateforme e-commerce a un coût pour les producteurs qu’ils ré-impactent dans leurs prix.

2/ Quand vous achetez à la Ruche de Bourges, vous soutenez aussi l’association à but non lucratif Les Berryvores. Cela représente globalement environ 100€ par vente (vous avez la transparence du modèle financier ici). A Bourges, nous avons fait le choix que tout le travail effectué pour gérer les relations avec les producteurs, la logistique, les distributions, …soit bénévole, c’est à dire que ce montant ne constitue pas une rémunération du travail fourni localement, mais une base de possibilités pour des animations et des moments de convivialité, en essayant aussi au maximum de faire travailler les producteurs. D’ailleurs c’est plus de 90% de ce montant qui est finalement reversé aux producteurs. C’est donc aussi un coup de pouce supplémentaire pour eux, et des moments sympas en perspective pour les clients. Mais on pourrait aussi envisager de ne rien faire, et que cet argent soit plutôt reversé par exemple à une autre association, pourquoi pas.

Les Associations Pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP), n’ont pas fait les mêmes choix, puisque les produits sont globalement moins chers, moyennant une cotisation annuelle et un engagement de la part du client. Effectivement, si vous vous engagez d’avance à prendre 20 paniers de légumes dans l’année, il est logique que les prix soient moindres. N’hésitez pas à contacter les AMAP de Bourges et de Plaimpied, si cela vous intéresse.

Pourquoi ne pas plutôt faire un mini-marché alors ? Et bien parce que si 10 ou 15 producteurs se déplacent mais ne sont pas sûrs d’avoir des clients, ce ne serait vraiment pas rentable pour eux. Le système du pré-paiement et du minimum de commandes assure donc aux producteurs ne se déplacer en étant sûrs que les clients seront au rendez-vous.

- Plus cher qu’en grande distribution car :
Pour obtenir des prix toujours plus bas que archi-bas, la grande distribution met une pression financière importante sur les producteurs et ne leur achètent souvent pas à un prix qui leur permettent d’être suffisamment rémunérateur. Ça s’apparente parfois à du chantage comme ce cas éloquent du témoignage d’un producteur d’endives qui doit produire plus pour perdre moins : http://blog.laruchequiditoui.fr/supermarche-je-te-hais/

Pour répondre à cet objectif de prix d’achat toujours plus bas, les producteurs fournissant la grande distribution sont obligés de se doter d’un système de fabrication toujours plus intensif. Cela nécessite donc du matériel, des engrais… (je vous passe les détails de l’agriculture conventionnelle), donc de l’investissement financier augmentant leur endettement…  Le tout aidé par les subventions de la PAC (que l’on paie indirectement par nos impôts, mais ça se voit moins à la caisse). Ce système dont les premières victimes sont les agriculteurs eux-mêmes a permis au cours des années de biaiser la réalité des prix et du coût de leur travail, tout en permettant aux entreprises de l’économie agricole (fabricants de matériel, de produits…) et à la grande distribution d’acquérir une position dominante que l’on connaît. Et c’est aussi la raison  qui pousse de plus en plus de fermiers à tout simplement mettre la clef sous la porte, quand ce ne sont pas des décisions encore plus dramatiques. Voir ce témoignage : http://blogs.rue89.nouvelobs.com/rural-rules/2014/08/11/cest-fini-vie-et-mort-dune-ferme-celle-de-mon-voisin-233344

Un taux de suicide plus élevé chez les agriculteurs que dans le reste de la population, une ferme qui disparait toutes les 30 secondes, 80 000 hectares de terres agricoles qui disparaissent chaque année, sont aussi les conséquences de ce système, dont on se rend, en les acceptant, co-responsable.

Donc nous sommes assez fiers chez Les Berryvores que les prix soient librement fixés par les producteurs qui sont parfaitement conscients qu’à mettre trop cher ils n’auront plus de clients, mais pas assez cher ils ne paieront plus leurs factures. La plupart des producteurs nous ont d’ailleurs beaucoup parlé et expliqué leurs choix de prix avant de proposer leur produit.

Si vous souhaitez en savoir plus sur la fixation des prix par les producteurs, leur niveau de rémunération, de charges, etc…n’hésitez pas à le faire savoir à contact[at]les-berryvores.fr, nous serons ravis d’organiser des temps d’échanges à ce sujet.