Une après-midi chèvrement bien !

Elles s’appellent Violette, Cacahuète ou Ebène et ne les traitez pas de vieilles biques ! Ce sont les dames biquettes de la Ferme des Places auxquelles une cinquantaine d’entre nous sommes allés rendre visite samedi 22 février dernier.

Grâce à une présentation très instructive de Béatrice, nous avons mesuré la chance qu’avaient ses chèvres à vivre ici plutôt que dans un élevage traditionnel où s’entassent souvent plusieurs centaines de bêtes écornées.  Ici, près de Vierzon, c’est un de ces paradis chevriers devenus rares à l’heure de la rentabilité à tout prix. Les 34 chèvres batifolent la plupart de l’année au pré ou dans les forêts avoisinantes sous l’œil de leur gardien Michel, profitant ainsi de l’écorce des arbres dont elles raffolent.

Heureux comme une chèvre

Et ça se voit qu’elles ont le moral ici les chèvres ! Toniques et familières, elles se laissent volontiers grattouiller, câliner, chatouiller. Les chevreaux non plus ne sont pas avares de caresses, et sont inlassablement passés de bras en bras des petits et des grands tout l’après-midi.  C’était en effet la courte période de l’année où toutes les familles sont réunies : papas boucs, mamans chèvres et adorables chevreaux et chevrettes, vraies peluches vivantes trop craquantes.

Béatrice et Michel nous ont ensuite offert à déguster les premiers fromages de la saison, fabriqués de la veille, ainsi que de la saucisse sèche au crottin, accompagnés d’un petit verre de jus de pommes local et de Quincy du domaine du Courdray (qui vient d’ailleurs de confirmer son inscription comme fournisseur de notre groupe, chouette alors !).

Trop accaparés que nous étions par les animaux, nous ne sommes mêmes pas allés voir la fromagerie et la fabrication du fromage, l’occasion de revenir !

Tétée, traite et naissance : une fin de journée bien remplie

Pour les plus curieux, ce fut ensuite le moment d’assister à la tétée des chevreaux, et certains ont même tenté d’obtenir leur diplôme de traite ! Pas facile de trouver le bon coup de poignet ! En tout cas, dixit les apprentis, traire une chèvre, ça vaut toutes les sorties en boîte de nuit !

En fin de journée, branle bas de combat : la dernière biquette à n’avoir pas encore mis bas n’a pas l’air très en forme.  Des contractions,  puis la rupture de la poche des eaux, il faut agir sans tarder. Les accoucheurs divergent sur la méthode à adopter, d’autant qu’il y a trois bébés qui attendent la sortie, avec celui du milieu plutôt mal engagé. Aidée dans son douloureux travail par l’administration de quelques granulés d’homéopathie, la chèvre a finalement donné naissance sous nos yeux mi-émerveillés, mi-écœurés, à de jolis petits triplés !

Et puis ce fut l’heure de repartir, certains les yeux bien humides de larmes de ne pouvoir remporter une de ces jolies peluches vivantes à la maison.

Après cette journée, vous ne regarderez plus votre fromage, votre yaourt, ni même votre savon au lait de chèvre comme avant. Vous saurez que c’est Violette, Cacahuète, Ebène ou l’une de ses consœurs qui vous l’auront fournis grâce au travail de Béatrice et Michel. Vous verrez ce sera doublement meilleur !